Matador Records

Matador Records est un label indépendant créé par Chris Lombardi en 1989 à New York.

Le premier disque sorti fut l’album (12’’) And There Was Light du duo autrichien H.P. Zinker enregistré dans le studio Fun City de Wharton Tiers. Les premiers artistes signés furent the Dustdevils, Railroad Jerk et Superchunk.

En 1990, l’ancien manager de Homestead Records, Gerard Cosloy, devint partenaire. Sur Homestead, basé à New York, Cosloy avait déjà signé des groupes indé tels Sonic Youth, Dinosaur Jr (de Boston, d’où Cosloy est originaire), Big Black, The Membranes, etc.

Dans les années 1980, Cosloy avait lancé Conflict, un fanzine d’art et rock underground, qu’il continua de publier jusqu’au début des années 1990. C’est par cet intermédiaire qu’il entendit pour la première fois Pavement, quand Scott Kannberg envoya la première démo du groupe, Slay Tracks, au fanzine.

La sortie du premier album de Teenage Fanclub, A Catholic Education (1990), fit connaître Matador. En 1992, le premier album de Pavement, Slanted and Enchanted, était publié, puis celui de Liz Phair, Exile in Guyville, qui confirmèrent la qualité du label et accrurent sa notoriété.

A côté d’artistes américains déjà connus, tels Pavement, the Jon Spencer Blues Explosion ou Liz Phair, le label signa de nouveaux artistes tels Cat Power, Yo La Tengo, Cornelius, Solex, Pizzicato Five, the Arsonists, etc. Au cours des années, le label a élargi son champ musical à l’électro, au hip hop et à davantage d’expérimental.

En 1993, le label s’engagea dans un partenariat avec Atlantic Records. En 1994, Patrick Amory devint directeur du label (désormais président) aux côtés de Lombardi et Cosloy. En 1996, Capitol acheta 49% de Matador, que Lombardi et Cosloy rachetèrent en 1999. Le groupe Beggars a acheté 50% du label en 2002.

En 2009, Matador acheta le label True Panther Sounds fondé pat Dean Bein. La première sortie de la joint venture fut le premier disque, Album, de Girls, qui bénéficia de la machinerie promotionnelle et marketing de Matador. Cosloy déclara «comme Victor Kiam expliqua au sujet de sa décision d’acheter l’opération Remington Shaver, je l’aimais tellement que j’ai acheté la compagnie».

Quelques artistes actuellement chez Matador : Pavement, Yo La Tengo, Belle and Sebastian, Queens of the Stone Age, Cat Power, Thurston Moore, Body/Head, Lee Ranaldo, Stephen Malkmus and the Jicks, Kurt Vile, Majical Cloudz, Algiers, etc.

Gerard Cosloy a créé le label expérimental Parallelism et le label 12XU. Musicien, il a joué dans les Air Traffic Controllers, avec le chanteur punk GG Allin, mené le New York Quartet Envelope, et remplacé Mark Ibold à la basse au sein de Pavement pendant une courte période.

♦ Plus:

http://www.matadorrecords.com

Sub Pop

Sub Pop, LE label de la scène indé de Seattle, a été fondé en 1986 par Bruce Pavitt et Jonathan Poneman. A son actif, trois disques de platine et un disque d’or, mais surtout le lancement de « petits » nouveaux (alors) : Afghan Whigs, L7, Soundgarden, Super Suckers, Sebadoh, Green River (première formation de Mudhoney), the Rapture, Red House Painters, les Thugs, The Walkabouts, Big Chief…

Comme un grand nombre de labels, Sub Pop est né d’un fanzine, Subterranean Pop, créé par Bruce Pavitt à Olympia. Pour le quatrième numéro, Pavitt raccourcit le nom en Sub Pop et lança une série de numéros spéciaux avec, en bonus, des K7 compilations de groupes indé. The Sub Pop #5, publié en 1982, se vendit à 200 exemplaires. En 1983, Pavitt s’installa à Seattle et sortit le 9ème et dernier numéro du fanzine. Il se lança ensuite dans la production. Le premier album fut une compilation, Sub Pop 100, avec Sonic Youth, Naked Raygun, et des groupes punk dont The Wipers et The U-Men, entre autres.

C’est en apportant 20 000 $ pour la production du premier single de Soundgarden, Hunted Down/Nothing to Say, en juillet 1987, que Jonathan Poneman  devient l’associé de Pavitt. Poneman, producteur et DJ à la radio KCMU,  se chargea des affaires commerciales et juridiques, pendant que Pavitt d’occupait des aspects A&R. Comme beaucoup d’autres labels ancrés sur une scène locale, de Motown à Détroit à SST, Sub Pop choisit sa scène: Seattle et son fameux son. Le logo, repris du fanzine, puis progressivement modifié, devint le fer de lance de leur communication.

En 1987, le label s’adjoint les services du producteur Jack Endino, réputé pour enregistrer vite et pas cher, ce qui explique la prolixité de Sub Pop durant ces deux années. Les mêmes techniques de studio étaient utilisées pour chaque enregistrement, ce qui donna un son semblable et bien identifiable aux disques. Au total, Endino produisit 75 singles, EPs et albums entre 1987 et 1989 pour le label.

En août 1988, Sub Pop sortit le premier single de Mudhoney, Touch Me I’m Sick, en 800 exemplaires ; en novembre, le premier single de Nirvana, Love Buzz, une reprise du groupe néerlandais des années 1960, Shocking Blue. Love Buzz fut aussi le premier à entrer dans le « Club des Singles Sub Pop », un service d’abonnement qui permettait aux abonnés de recevoir les singles du label chaque mois. A son apogée, en 1990, le Club comptait 2 000 abonnés.

Le 15 juin 1989, le label sort premier album de Nirvana, Bleach, en cassette et vinyle 7 ». Le succès commercial est relatif (environ 40 000 copies). Avec le passage du groupe chez Geffen l’année suivante, et la déferlante Nevermind, Sub Pop et Geffen ressortiront le disque, enrichi de deux morceaux en plus. Il deviendra disque de platine, et reste la meilleure vente de Sub Pop.

En 1990, le label signe The Afghan Whigs, qui est le premier groupe qui n’est pas originaire d’Amérique de l’Ouest et sort leur deuxième album Up in It.

Face au manque d’intérêt de la press mainstream américaine, le label s’engagea puis multiplia les opérations de comm dans la presse musicale anglaise. Avec succès. Selon Pavitt, « je sentais vraiment que les Anglais et les Européens voulaient voir quelque chose qui ne suivait pas les règles, qui était un archétype américain.. Quelque chose de primal et qui venait vraiment des racines du rock & roll, qui était très américain ».

Après le départ de Nirvana pour Geffen Records, les royalties touchées par Sub Pop sur les ventes de Nevermind permirent au label de Seattle de tenir les années suivantes. Ce départ fut le premier d’une longue série, qui vit la plupart des groupes grunge signer avec des majors.

En 1995, Poneman vendit 49% des parts du label à Warner Bros Records.

Les divergences de vues entre Poneman et Pavitt sur l’avenir du label (Poneman voulait que le label devienne plus grand et commercialement plus rentable) eurent raison du duo. En 1996, son fondateur, Pavitt quitta le label.

♦ Et depuis

En s’associant à Warner, le label perdit son identité ancrée à Seattle. A noter la signature de Hot Hot Heat, Coco Rosie, The Go, Sleater Kinney, Mogwai. En 2006, Sub Pop devint le premier label certifié Green-e, en utilisant une électricité entièrement produite à partir d’énergies renouvelables. En 2007, Sub Pop lança un label, Hardly Art, également partiellement détenu par Warner Music.

Bruce Pavitt prépare un livre sur l’histoire Sub Pop, et contenant la réédition complète de plusieurs numéros du fanzine, SUB POP U.S.A.: The Subterraneanan Pop Music Anthology, 1980–1988, qui sortira début 2014.

Le label a trois disques de platine, Bleach (Nirvana), Give Up (The Postal Service, 2003), Flight of the Conchords (Flight of the Conchords, 2008), et un disque d’or, Wincing the Night Away (The Shins, 2007).

♦ Plus

http://www.subpop.com/ et le catalogue: http://www.subpop.com/catalog/discography

http://pitchfork.com/features/interviews/7148-bruce-pavitt-and-jonathan-poneman/

Sarah Records

Sarah Records, label indépendant anglais, a été fondé en 1987 à Bristol par Clare Wadd et Matt Haynes, qui voulaient (seulement !) sortir cent disques pop rock.

Wadd et Haynes sont issus du monde des fanzines. Haynes publiait avant Are You Scared To Get Happy? et Wadd, Kvatch. Ces deux fanzines étaient souvent accompagnés de flexidisques : AYSTGH faisait partie du groupe Sha-la-la, un label spécialement créé pour produire des flexidisques. Très jeunes, ils créèrent Sarah Records, dont le premier disque fut Pristine Christine des Sea Urchins.

Chaque disque porte une référence numérotée ; les pochettes ont un graphisme singulier, car toujours imprimées en une ou deux couleurs.

Leur début attira l’attention des médias, en particulier Radio 1 et le NME. En France, Les Inrockuptibles organisèrent un festival Sarah Records à La Locomotive à Paris. Mais l’intérêt médiatique ne dura pas.

Durant ses huit années d’activités, le label publia cent singles et maxis, sept albums 7 pouces, vingt-trois albums 12 pouces, et huit compilations, et quatre fanzines. Parmi les groupes signés sur le label, The Orchids, Blueboy, The Field Mice, St. Christopher, The Sugargliders, The Harvest Ministers, Aberdeen, Shelley…

Le label est parfois associé aux mouvements C86 et twee pop, qui se sont développés en Angleterre après la dissolution des Smiths. Il est vrai que le label se caractérise par un son pop doux caractéristique. Mais ce que souhaitaient avant tout promouvoir Wadd et Haynes, plutôt qu’un genre, étaient des idées politiques, au sens large du mot, en particulier dénoncer le capitalisme et le sexisme de l’industrie du disque.

Les activités du label s’achevèrent comme prévu, avec la sortie du centième disque, en 1995, la  compilation There and Back Again Lane, du nom d’une rue de Bristol, portant la référence « Sarah 100 » et accompagnée d’un livret racontant l’histoire du label. Le 28 août 1995, le NME et le Melody Maker publiaient un texte d’adieu, intitulé A Day for Destroying Things, dans lequel Wadd et Haynes écrivaient notamment : « arrêter un label après cent parfaites sorties est la plus belle déclaration à l’art pop et en dit plus sur la pop music que n’importe quel double CD, vinyle 7 pouces coloré en édition limitée, EP dix pistes lo-fi (ou n’importe quel autre stratagème marketing n’en dira jamais. Sarah Records n’appartient à personne d’autre que nous, et c’est nous qui créons et détruisons de la façon que nous voulons, et nous ne faisons pas « d’encore » (…) Le premier acte d’une révolution est la destruction et la première chose à détruire est le passé. Effrayant, comme de tomber amoureux. Cela nous rappelle que nous sommes en vie ».

Haynes et Wadd ont mis en ligne une video sur l’histoire du label:

♦ Et depuis?

La majorité des références du catalogue de Sarah Records a été rééditée sur Shinkansen Records,  LTM Recordings et El Records.

Matt Haynes a créé, en 1996, le label Shinkansen Recordings, qui rassemble plusieurs des artistes de Sarah. Il est le rédacteur en chef du magazine Smoke, consacré à l’écriture et l’art inspiré par Londres.

Clare Wadd a travaillé dans l’industrie musicale, puis s’est reconvertie comme expert comptable.

♦ Plus:

http://musicians.about.com/od/interviewsandbios/a/sarahrecsint.htm